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La bouteille était à moitié vide. Aujourd'hui, elle est à moitié pleine : pleine d'amour.
Ma vie s'est étalée, dévoilée, dénudée, à force de cris, de pleurs et de colère. Il est infernal de se sentir seule. C'est à l'amour que je dédie ces quelques lignes.
L'amour pour deux pays, les États-Unis et la Suisse. Deux territoires merveilleux avec des personnes de coeur et de soutien. Deux pays qui se ressemblent socialement, loin de la froideur d'une politique égoļstement européenne. Avant d'être accueillie en Suisse, j'ai eu la chance de rencontrer un peuple très critiqué : les Américains. « Tentez d'oublier ce que l'on vous raconte. » Mon expérience peut servir de témoignage contre la fausse information. Ces personnes ont un coeur en or, loin de la violence comme on la décrit. Lorsque mon ex-amour, de nationalité suisse, me quitta après m'avoir volé tout ce que j'avais, et en me réduisant à moins que rien, les Américains m'ont soutenue avec beaucoup d'amour.
La Suisse, votre Suisse, vous pouvez en être fière.
Bien que je regrette un certain déclin. Mais gardez-la, entière et si indépendante, avec des hommes et des femmes comme j'ai eu la chance d'en découvrir.
Lorsque je suis arrivée à Zurich, j'ai découvert des visages stressés et tristes, puis petit à petit, j'ai vu de la tendresse : Patrick Perret, le premier journaliste d'Objectif Réussir que j'ai rencontré par hasard dans le train qui me conduisait vers d'autres personnes merveilleuses elles aussi.
Sans réfléchir longuement, il m'a ouvert la porte de la rédaction.
J'ai découvert alors César, Pierre, Daniel, Patrice, Bruno, Lyse, M. Dufaux, Christian, Laurence, Joėl, Monique, Charly, Denis... Ils ont été les premiers à m'offrir la volonté de réussir ma bataille, à me faire de la place à leur côté. Je me sens alors en symbiose naturelle avec des caractères divers. Une famille d'amour, de joie et de complicité. Une famille pleine de respect et créative, autour d'un journal organisé par les deux personnes les plus merveilleuses, qui donnent leur vie et leur énergie à offrir en priorité l'aide et l'amour : Rita et Jean-Pierre, un couple social, une image forte de réussite, une mémoire de souvenirs et d'espoir.
Un interdit : dire « merci ». Comment ne pas avoir le droit de dire « merci » à cette famille qui
m'a offert tout ce dont j'avais besoin : un coeur, une épaule, un logement... Patrick écrit l'article « Qui peut aider Sabine ? » basé sur mon passé de 200 pages qu'il lira à plusieurs reprises.
Ma bataille devient la leur : retrouver ma fille et mes droits. Un Suisse m'a tout volé : mes affaires, mon argent (100.000 francs suisses), mes droits. Et le père de ma fille qui profite de ma faible situation pour... kidnapper ma fille.
Un vrai cauchemar. J'ai cru que je ne sortirais jamais de ma misère.
Rapidement, l'article sera mis en pages, le journal vendu fera le tour du monde : Maroc, Canada, USA, France, Allemagne... et Belgique.
L'article de Patrick fera passer mon cri.
J'ai l'impression de vivre plus profondément cette famille avec le déménagement : vider une maison, c'est toucher aux secrets. J'ai touché au jardin secret de chacun ; ils deviennent mes amours, mes frères, mes soeurs. La famille alors s'agrandit, Mohamad nous rejoindra et je rencontrerai aussi Shaina. Mohamed élargit la culture des traditions du journal et y apporte une nouvelle tendresse.
Le mensuel représente des vies que l'on accroche aux murs de la nouvelle demeure de Bevaix. Un symbole s'inscrit : celui d'un nouveau départ dans une gare, un lieu d'accueil et de protection. Une autre gare me servira de tremplin. En accord avec ma nouvelle famille, nous offrons une fête de mille ballons dans la gare de Neuchâtel, en hommage à ma fille Maėliss. Patrick et César vont gonfler tous ces ballons en 12 heures ; Joėl et Laurence les distribueront. Chacun participera à cette fête, aucun ne me laissera tomber. C'est un succès qui devient manifestation pacifique en l'honneur de tous les enfants retenus de force en Allemagne.
Grâce à Rita et à Jean Pierre, les médias nous rejoindront. J'en profite pour remercier la journaliste de « Radio Neuchâtel » pour son humanisme ; elle fut si proche de moi dans ma démarche, avec une sensibilité et une volonté de respect lors de l'interview. Ce fut de même avec les autres journalistes : Radio Suisse Romande, Khaled, l'Express, Canal Alpha. J'ai découvert que les Suisses gardaient dans leurs traditions la volonté de la vérité.
Chacun d'eux, dans son travail, a su exprimer exactement le sentiment qui nous déchire, nous, parents victimes de l'Allemagne. Grâce à toi, ma famille de bataille et d'amour, j'ai pu trouver l'aide et la force pour tenir dans mon combat. Et, grâce à vous, j'ai pu vivre un moment merveilleux. Après dix mois de séparation, j'ai réussi à serrer ma fille dans mes bras. Alors, si je n'ai pas le droit de vous dire « Merci », laissez-moi vous dire que je vous aime.
Je voudrais aussi remercier Paola, Yamna, Madame Catherine Urban, Karin, Francette, Marie-France, Olivier Karrer, Christian, Pascal, l'ORP de Bienne, Solidarité femmes, la fondation Fredi et vous tous, qui m'avez soutenue par vos e-mails et vos coups de téléphone.
Il se peut que je ne revoie plus Maėliss. J'ai pris la décision de la donner en adoption à la deuxième femme du père de ma fille. En effet, je n'ai plus aucun contact avec elle, car ils m'en empêchent, cela va bientôt faire un an que ma fille est la victime. J'ai décidé de la sauvegarder de ce conflit, car même si je gagne, je gagnerai quoi ? Prouver à ma fille que son père est un menteur et un homme envahit de haine. Je n'en ai pas le droit non plus.
J'aime Maėliss plus que tout au monde et je n'ai pas le droit de la laisser souffrir de la sorte.
Si je sors de sa vie, son père lui foutra la paix, et elle pourra jouir de son enfance.
J'ai perdu énormément, mais ce n'est rien à côté de la douleur qu'éprouvent d'autres personnes.
L'attentat en Espagne est une violence qu'il ne faudra jamais oublier. Une mère qui décrit sa fille, en racontant dans quel état se trouve celle-ci, ou une soeur qui recherche partout le corps de son frère.
On ne peut rien faire contre la méchanceté et l'égoļsme humain. Que cela se passe dans des drames comme pour Maėliss ou à une plus grande échelle.
Vous lecteurs, vous avez raison de soutenir « Objectif Réussir » en l'achetant, car vous soutenez une association formidable. A vous aussi, merci. Ici, vous pouvez être certain que vos 5 francs sont placés dans l'amour et la vie.
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